| Jean-Philippe CHARTIER - Sénatoriales 2026 |
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Le
Pr Henri Temple (de l'Université, spécialiste du droit économique
et expert international) est issu d'une vieille famille de l'Aveyron.
Il sera le conseiller économique du Dr.Chartier. Dans une publication
récente il explique pourquoi il aurait fallu et il faudra bloquer
les prix des produits pétroliers. S'il est élu sénateur
le Dr Chartier déposera immédiatement une proposition de
loi. |
Emmanuel
Macron pouvait-il et devait-il bloquer les prix des produits pétroliers
? Henri TEMPLE Sur Front Populaire 05/05/2026 L'augmentation du prix des hydrocarbures a des conséquences graves sur les Français et l' économie. |
Commençons par l'état des lieux. Depuis le début de l'année 2026, le prix des produits pétroliers a bondi de 51 % en quelques mois, ce qui accable toute l’économie française. Dans le même temps, les géants français du pétrole augmentaient leurs bénéfices de 55 % ! En 1945, après la Seconde Guerre mondiale, l’économie française, très affaiblie, a réussi un redressement extraordinaire : ce que l’on appela alors les « Trente Glorieuses ». Et pourtant non seulement notre pays se relevait de cinq ans d’occupation et de destructions allemandes, mais encore il était impliqué dans deux guerres coloniales – au Vietnam, puis en Algérie. Cette formidable performance a été rendue possible grâce à quatre options en droit économique. D’une part un commerce international maîtrisé (ce que l’on appelait, après 1957, la préférence communautaire et le tarif douanier commun). D’autre part le contrôle administratif des prix (1). Ensuite une relative modération fiscale. Enfin, on pense pouvoir ajouter l’encadrement des déficits budgétaires et de la dette par la Banque de France. L’observateur, même le plus inattentif ou le plus dogmatique, aurait dû se poser, dès le début du mois d'avril 2026, une question cruciale : et si la très grave situation de l’économie – et donc de toute la société française – avait été causée par quatre options inverses, imposées à la France et acceptées par ses présidents sans le moindre référendum ? À savoir : l’abandon du contrôle des prix (1986), l’obligation pour l’État d’emprunter sur les marchés (1973 (2)), l’émission monétaire par les banques privées (Accords de Bâle II et III), la mondialisation du commerce sans droits de douane (OMC, 2000). Quant à l’explosion exponentielle de la pression fiscale et de la dette, choix élyséen, elle est la conséquence de l’incompétence, de l’indifférence, de l’aboulie, et même de la sottise de nos dirigeants. La question primordiale et très urgente est donc bien, désormais, et afin d'éviter la nécrose économique puis l’éruption sociale et nationale qui viennent, de savoir si Macron pouvait et devait bloquer les prix des produits pétroliers. Curieusement la question est assez peu débattue dans les médias ou dans les partis politiques. Pire, elle est souvent faussée et alambiquée par une question parasite : ne faudrait-il pas réaffecter ou taxer les super-profits, tant de l’État (par ses taxes proportionnelles sur les hydrocarbures), que par des compagnies pétrolières ? Pourquoi faire simple, rapide et efficace alors qu’on peut faire tarabiscoté et procrastiné ? Ce qui est possible selon le droit économique Les outils juridiques permettant de calmer la flambée des prix des produits pétroliers, sans préjudice ni pour l’État ni pour les compagnies pétrolières, mais avec des effets heureux pour les professionnels et les consommateurs, existent et sont facilement et rapidement activables. Mais Emmanuel Macron refuse de les activer. Certes, désormais, le principe, libéral, est fixé dans le code de commerce : c’est celui de la liberté des prix (3). Le prix du produit ou du service, supposé juste, est mécaniquement ajusté par la loi du marché qui détermine le prix, par l’adéquation de l’offre à la demande. Toutefois, l’article L.410-2 du même code dispose que : «... dans les secteurs ou les zones où la concurrence par les prix est limitée en raison soit de situations de monopole ou de difficultés durables d'approvisionnement, soit de dispositions législatives ou réglementaires, un décret en Conseil d’État peut réglementer les prix après consultation de l'Autorité de la concurrence. » Les conditions légales visées par le texte pour réglementer les prix étaient donc, dès le mois d’avril 2026, réunies : - situations de
quasi monopole (ou de position dominante (4)) des grandes sociétés
pétrolières ; Et conséquence on pourrait (et devrait) évidemment appliquer les règles légales du code de commerce (410-2, al.2) qui permettent au gouvernement d’arrêter, « par décret en Conseil d’État, contre des hausses ou des baisses excessives de prix, des mesures temporaires motivées par une situation de crise, des circonstances exceptionnelles, une calamité publique ou une situation manifestement anormale du marché dans un secteur déterminé. Le décret est pris après consultation du Conseil national de la consommation. Il précise sa durée de validité qui ne peut excéder six mois ». Un tel système avait déjà été appliqué durant la Guerre du golfe (1990) pour calmer les appétits spéculatifs effrénés sur les prix des carburants. Et ce même dispositif empêcherait, en 2026, une crise économique et sociale gravissime. Car il y a urgence : pêcheurs, agriculteurs, transporteurs, compagnies aériennes et tourisme, libéraux, taxis, ambulanciers, salariés, familles, périphériques et ruraux, c’est toute l’économie française qui se meurt. Et donc aussi notre société. Resterait seulement, une fois la décision prise, à étudier – ce qui aurait dû être déjà fait – le niveau des prix ou des marges à fixer. Une juste répartition de l’effort entre l’État (ses taxes), les pétroliers (leurs marges) et les consommateurs ? Qui ne peut imaginer et anticiper la secousse sociale et politique qui vient ? Puis, de toute urgence, l’empêcher par une taxation raisonnable et légale des prix des hydrocarbures. Macron a récemment déclaré (c'était le 29 avril) « qu’il faut réfléchir (sic) et ne rien s’interdire ». On aurait préféré qu’il s’oblige : car il pourrait être emporté avant terme. La Nation ne supportera plus très longtemps que la même cause qui appauvrit la totalité des citoyens enrichisse éhontément une infime minorité de spéculateurs. |
Notes 1) Les deux ordonnances
du 30 juin 1945. Henri Temple |
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II - |
POUR SAUVER
NOTRE SOCIÉTÉ : L’ÉCONOMIE POLITIQUE, ENFIN
! |
La France s'effondre et risque la disparition. Que ceux qui pensent le contraire ne lisent pas ces lignes et continuent à tenter vainement de gérer les conséquences sans remonter aux causes. Pour les autres, désormais très largement majoritaires, ils s'alarment, à juste titre : endettement national et service de la dette, déficit budgétaire chronique, montée du chômage, baisse du pouvoir d'achat, menace sur les retraites, réduction des services publics, augmentation des impôts, accord Mercosur, désindustrialisation, déficit de la balance commerciale, croissance très faible, inflation forte. Désormais, ils peuvent y ajouter la flambée catastrophique des disparitions d'entreprises : 66.500 en 2024, pire qu'après le crash de 2008 (Voir l'étude de BPCE L'Observatoire, janvier 2025). Et on redoute une nouvelle aggravation en 2025. Triple erreur Face au drame imminent, on n'observe qu'une seule attitude, erronée dans ses trois variantes : augmenter les impôts, réduire les dépenses publiques et même combiner les deux erreurs… C'est-à-dire administrer les conséquences sans remonter aux causes. Que ne dirait-on pas, à juste titre, d'un médecin qui tenterait de soigner les effets de la maladie sans en rechercher les causes, ce que la Faculté enseigne de faire : l'étiologie, après avoir réalisé le diagnostic (par lequel le médecin identifie les affections dont souffre le patient), la symptomatique et le pronostic morbide. Or, l'« étiologie économique » supposerait que l'on restaure l'économie politique, que l'économiste français Charles Gide définissait comme « l'étude de la production économique, l'offre et la demande de biens et services et leurs relations avec les lois... le gouvernement, la distribution des richesses et la richesse des nations, incluant le budget ». Pour Léon Walras (autre économiste français, NDLR), « l'économie politique se définit comme l’exposé de ce qui est, et le programme de ce qui devrait être ». Les esprits les moins curieux se demandent comment on en est arrivé là alors que la France fut, dans les années 50 à 80 (les « Trente Glorieuses »), un pays riche, puissant, social, nataliste : qu'est-ce ce qui a changé au point de faire de nous un pays pauvre, faible et inégalitaire, dénatalitaire, menacé dans sa survie et ses identités culturelles et sociologique historiques ? Au moment où notre nation retient son souffle et attend désormais, à 63 %, qu'Emmanuel Macron s'en aille vite, il n'est que temps de reprendre la réflexion sur ce que devra être notre indispensable et vital sursaut économique, l'instinct de conservation collective. Écouter les grands penseurs Il faudra mettre à la corbeille à papier les travaux inutiles ou nuisibles des économètres modernes, drogués de maths, et reprendre sur nos étagères les écrits des classiques. En effet, on observe que les économistes modernes sont, certes, capables d'écrire des livres de 1.000 pages, très intelligents et documentés sur l'économie, mais… sans avoir la rigueur mentale de définir au préalable ce qu'est l'économie et surtout quel est son but ! Pour Adam Smith, le père de l'économie politique, « ce qui est important, c’est le travail annuel de chaque nation ». Pour Say, « c’est le consommateur qui est – par nature - la finalité de toute économie ». Pour Friedrich List, « le protectionnisme éducateur consiste à protéger une industrie nationale naissante [ou déclinante, selon nous] afin qu'elle grandisse et devienne prospère avant de lui permettre de s'intégrer dans la concurrence internationale ». Et pour Maurice Allais (prix Nobel d'économie, NDLR), « la maximisation du rendement social constitue certainement la question fondamentale de l'économie pure ». Qui écoute ces grands penseurs ? Or, ce qui nous sortira du chaos économique, et donc social, ce sera l'augmentation du PIB. Par un effet mécanique, sans augmenter les impôts ni réduire les budgets des services publics. Et comment augmenter le PIB ? En réduisant les importations mortifères et en leur substituant les productions nationales relancées. Au moment où Trump va augmenter les droits de douane (ce qui avait bien réussi, il y a quatre ans, et l'a fait réélire), il faudra faire pareil et suivre ce « brise-glace ». Réduire la part des importations, c'est possible en agissant sur deux leviers : la santé des consommateurs contre les aliments dangereux (beaucoup plus de contrôles aux frontières, car on en avait beaucoup supprimé) et la santé de l'humanité (taxe carbone sur les transports longue distance, depuis la Chine et depuis l'Amérique du Sud). Et il ne faudra pas trembler en invoquant le second levier, celui du droit à préserver nos filières nationales stratégiques. Défier Bruxelles Alors oui, il y aura un conflit - de brève durée - avec la Commission de Bruxelles. Mais ces fonctionnaires non élus devront se soumettre aux souverainetés nationales (ou se démettre). Et il faudra, enfin, voter sur le traité de Lisbonne, illégitime depuis 2008… Nombreuses seront, alors, les nations européennes qui suivront la France en vue de refonder une vraie Europe, sensée. Le moment est proche, soyons prêts. |
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